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Conférence de presse du 17 février 2016 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hong Lei
2016-02-17

Q : Une réunion informelle des dirigeants entre les États-Unis et l'ASEAN s'est tenue ces derniers jours en Californie. La réunion a publié une déclaration conjointe qui traite les sujets comme le règlement pacifique des différends ainsi que le maintien de la paix et de la sécurité régionales et maritimes. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Comme nous l'avons indiqué précédemment, nous saluons le développement des relations entre les États-Unis et l'ASEAN, et nous estimons que ces relations doivent être bénéfiques à l'interaction positive et à la coopération entre les différentes parties dans la région ainsi qu'à la stabilité et au développement régionaux.

Nous avons également noté que quelques pays ont tenté de faire du tapage autour de la question de la Mer de Chine méridionale durant cette réunion. Pourtant, la plupart des membres de l'ASEAN ont exprimé leur désaccord, estimant que cette tentative ne pouvait que compromettre la confiance mutuelle entre les pays de la région, perturber et même saboter les efforts des pays de la région visant à préserver la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale. La Chine entend travailler ensemble avec l'ASEAN pour continuer à jouer un rôle constructif dans la préservation de la paix et de la stabilité régionales ainsi que dans la promotion du règlement pacifique des différends concernés.

Q : Lors de la conférence de presse tenue à l'issue de la réunion informelle des dirigeants entre les États-Unis et l'ASEAN, le Président américain Barack Obama a indiqué que les différentes parties devaient résoudre de manière pacifique les différends relatifs à la Mer de Chine méridionale. Il a appelé à cesser les travaux de poldérisation, la construction de toute nouvelle installation et la militarisation des zones contestées en Mer de Chine méridionale, et déclaré que son pays continuerait à naviguer, à voler et à opérer partout où le droit international le permet. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

R : Nous avons noté les informations concernées. En effet, ce n'est pas la première fois que le dirigeant américain a fait de telles remarques sur la question de la Mer de Chine méridionale. Les États-Unis, qui ne sont pas partie prenante de la question, doivent agir et s'exprimer avec prudence et créer un environnement favorable au règlement pacifique des différends par les parties directement concernées à travers les consultations et les négociations, au lieu de profiter de telles occasions pour faire du tapage autour de la question, d'exacerber les tensions et de semer la discorde entre les pays de la région.

Q : Les États-Unis et l'ASEAN ont tenu ces derniers jours une réunion informelle des dirigeants, alors qu'ils venaient de rehausser leurs relations au rang de partenariat stratégique novembre dernier. La Chine est interlocuteur important et partenaire stratégique de l'ASEAN. Quels sont vos commentaires sur ce sujet ?

R : La Chine accorde depuis toujours une haute importance à ses relations avec l'ASEAN et œuvre à les développer. Nous nous réjouissons de voir l'ASEAN développer la coopération d'amitié avec tous les interlocuteurs et apporter une contribution positive à la paix, à la stabilité et au développement de la région.

La Chine est l'interlocuteur le plus actif et le plus particulier de l'ASEAN. La Chine et les pays de l'ASEAN sont voisins amis liés par une proximité géographique. Elle a établi avec l'ASEAN le partenariat de dialogue en 1991 et le partenariat stratégique en 2003, devenant ainsi le premier interlocuteur à avoir instauré un partenariat stratégique avec l'organisation. Les deux parties ont vu leur confiance politique mutuelle se consolider sans cesse et leur coopération pragmatique donner des résultats fructueux dans divers domaines. Premier pays à avoir créé une zone de libre-échange avec l'ASEAN, la Chine a été le premier partenaire commercial de l'organisation pendant sept ans consécutifs. L'année dernière, le volume des échanges commerciaux entre les deux parties s'est chiffré à 472,2 milliards de dollars US, les investissements directs non financiers dans les deux sens ont dépassé 150 milliards de dollars US, et plus de 18 millions de visites ont été échangées entre elles. Lors de la réunion des dirigeants Chine-ASEAN tenue en novembre dernier, les deux parties ont signé un protocole sur la mise à niveau de leur zone de libre-échange et élaboré le troisième « Plan d'action » quinquennal sur la concrétisation de leur partenariat stratégique, fixant ainsi le cap pour leur coopération dans les cinq ans à venir.

Cette année, qui marque le 25e anniversaire de l'établissement du partenariat de dialogue Chine-ASEAN et l'Année des échanges dans l'éducation Chine-ASEAN comme convenu entre les deux parties, est une année importante pour consolider les acquis du passé et ouvrir l'avenir des relations Chine-ASEAN. Les deux parties organiseront en septembre un sommet commémoratif de l'établissement de leur partenariat de dialogue. Nous entendons travailler ensemble avec l'ASEAN pour porter les relations entre les deux parties à un nouveau palier à travers l'organisation des activités commémoratives et l'approfondissement de la coopération pragmatique dans divers domaines.

Q : Lors de la réunion, la partie américaine a exprimé son soutien à la construction de la communauté de l'ASEAN. Que fera la Chine pour soutenir la construction de la communauté de l'ASEAN ?

R : Cette année marque le début de la communauté de l'ASEAN. La Chine se félicite des succès remportés par l'ASEAN dans son intégration. Nous avons également noté que le développement demeure toujours la tâche primordiale des pays de l'ASEAN et que l'organisation est encore confrontée au problème d'un développement déséquilibré.

En tant que partenaire important de l'ASEAN, la Chine soutient toujours fermement la construction de la communauté de l'ASEAN, et travaille, tout en approfondissant la coopération tous azimut Chine-ASEAN, pour accompagner l'ASEAN dans la réduction des écarts de développement et promouvoir le développement commun de la région. Lors de la 17e réunion des dirigeants Chine-ASEAN tenue en 2014, le Premier Ministre Li Keqiang a avancé l'initiative de mettre en place un mécanisme de coopération sur le Lancang-Mékong, initiative qui a reçu un écho favorable des différentes parties. En novembre dernier, la Chine et cinq pays riverains du Mékong, soit le Cambodge, le Laos, le Myanmar, la Thaïlande et le Viet Nam, ont tenu à Jinghong, au Yunnan, leur première réunion des Ministres des Affaires étrangères, lançant officiellement le processus de coopération sur le fleuve Lancang-Mékong. Comme convenu entre tous, se tiendra fin mars à Sanya, dans la Province de Hainan, la première réunion des dirigeants sur la coopération sur le fleuve Lancang-Mékong où les dirigeants des six pays mèneront des discussions sur les orientations de coopération et définiront un plan en la matière. Pour bien préparer cette réunion, la Chine et les cinq pays concernés tiendront mercredi prochain une réunion de hauts diplomates. Nous sommes convaincus que la coopération sur le fleuve Lancang-Mékong sera un complément utile à la coopération Chine-ASEAN et donnera une forte impulsion à la construction de la communauté de l'ASEAN et à la l'intégration régionale.

Q : Selon un article rédigé par le Huffington Post, la tenue de la récente réunion informelle des dirigeants entre les États-Unis et l'ASEAN montre que les États-Unis considèrent l'Asie du Sud-Est comme un point d'appui important de sa stratégie du « pivot vers l'Asie-Pacifique ». La tentative des États-Unis de séduire les pays de la région pour contenir la Chine relève d'une mentalité de guerre froide. En tenant compte de l'histoire des guerres en mer entre le Royaume-Uni et les États-Unis, les États-Unis devraient peut-être laisser la Chine devenir de manière pacifique une puissance régionale. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté l'article concerné. Dans le monde d'aujourd'hui, tous les pays, malgré leurs différences en matière de situation géographique et de taille, forment chaque jour davantage une communauté d'intérêt et de destin où ils partagent heurs et malheurs et voient leurs intérêts s'imbriquer. Ce dont la Chine et les États-Unis ont besoin est une nouvelle voie qui profite non seulement aux deux pays, mais aussi au monde entier, et non les sentiers battus qui amènent les puissances émergentes et les puissances établies à entrer en collision. L'océan Pacifique est assez grand pour que la Chine et les États-Unis se développent ensemble. L'interation entre les deux pays en Asie-Pacifique doit être guidée par le concept de la construction d'un nouveau modèle de relations entre grands pays, pour que les peuples chinois et américain, les peuples de la région et le monde entier puissent en bénéficier.

Q : Selon des sources d'information, la Chine a déployé des missiles sol-air sur Yongxing Dao. Pourquoi la Chine a décidé de déployer des installations militaires en ce moment ? Certains analystes estiment que cela va à l'encontre de l'engagement de la Chine de ne pas favoriser la « militarisation » de la Mer de Chine méridionale. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

R : Je n'en dispose pas d'informations concrètes. Mais je tiens à souligner que les îles Xisha font partie intégrante du territoire chinois. La Chine a le droit de déployer des installations de défense nécessaires sur son propre territoire et d'améliorer les capacités de défense nationale. Cela n'a rien à voir avec la « militarisation ».

Q : Le Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a avancé aujourd'hui la piste de faire avancer en parallèle la dénucléarisation de la Péninsule coréenne et la transformation de l'armistice en régime de paix. Cette transformation signifie-t-elle la conversion du régime d'armistice actuel dans la péninsule en régime de paix ? La Chine envisage-t-elle de poursuivre cette piste dans le cadre des pourparlers à six ?

R : Votre interprétation est correcte. Comme l'a indiqué le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi, la piste de négociations proposée par la Chine sur l'avancement en parallèle de la dénucléarisation de la Péninsule coréenne et de la transformation de l'armistice en régime de paix consiste à convertir le régime d'armistice dans la péninsule en régime de paix, afin d'assurer la stabilité durable en Asie du Nord-Est. Cette piste vise à répondre de manière équilibrée aux principales préoccupations des différentes parties, à définir les objectifs du dialogue et des négociations et à trouver au plus tôt une percée pour la reprise des négociations. Nous estimons que cette piste permet de résoudre fondamentalement la question nucléaire de la Péninsule coréenne. La Chine entend rester en étroite communication en la matière avec les autres parties concernées des pourparlers à six.

Q: La récente réunion informelle des dirigeants entre les États-Unis et l'ASEAN a publié une déclaration dans laquelle les différentes parties se sont engagées pour la « non-militarisation ». Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Les États-Unis et l'ASEAN sont parvenus à un consensus et se sont engagés pour la « non-militarisation ». La Chine le salue et espère que les pays concernés pourront honorer leur engagement. Les pays concernés hors de la région ne doivent ni étaler leur puissance militaire en Mer de Chine méridionale, ni faire avancer leurs revendications unilatérales par la force ou par la coercition. Ils ne doivent pas non plus faire des démarches auprès des pays de la région pour organiser ensemble avec eux des exercices ou patrouilles militaires conjoints visant une tierce partie en Mer de Chine méridionale. La Chine et l'ASEAN ont la capacité, la confiance et la sagesse de maintenir ensemble la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale.

Q : Selon un éditorial du Global Times, la Chine doit, en faisant fi de l'opposition de la RPDC, détruire dans la mesure du possible la capacité nucléaire de ce pays. Est-ce que cela représente la position du gouvernement chinois ? De plus, toujours selon l'éditorial, vu que la République de Corée cherche actuellement à déployer sur son sol le système de défense antimissile THAAD, la Chine doit aussi déployer des missiles de défense en Asie du Nord-Est en suivant l'exemple de l'action de la Russie en Europe de l'Est. Êtes-vous d'accord avec ce point de vue ?

R : Ces derniers temps, nous avons présenté à plusieurs reprises notre position sur la question nucléaire de la Péninsule coréenne. Cette position est très claire. Nous sommes pour la dénucléarisation de la Péninsule coréenne et nous nous opposons aux essais nucléaires et au lancement des satellites effectués par la RPDC. Nous estimons que la capacité de la RPDC de développer le programme nucléaire et des missiles doit être restreinte et nous soutenons l'adoption par le Conseil de Sécurité de l'ONU de nouvelles résolutions pour atteindre cet objectif. De plus, la situation actuelle rend plus urgente la résolution de la question nucléaire de la Péninsule coréenne à travers le dialogue et les négociations. Nous exhortons les différentes parties à ramener cette question sur la voie de dialogue et de négociations, à explorer les moyens de concrétiser la piste importante de faire avancer en parallèle la dénucléarisation de la péninsule et le passage de l'armistice au régime de paix, et à œuvrer à la stabilité durable de la péninsule.

Le déploiement du système THAAD sur la Péninsule coréenne n'est pas favorable à l'apaisement des tensions actuelles ni à la préservation de la paix et de la stabilité de la région. Il portera préjudice aux intérêts sécuritaires stratégiques de la Chine. Nous nous y opposons fermement. Nous espérons que les parties concernées renonceront à ce projet.

Q : Le 16 février, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a exprimé dans un communiqué sa préoccupation sur les soi-disant arrestations d'avocats, le harcèlement et l'intimidation de ceux qui critiquent le gouvernement et de membres d'ONG en Chine. Il a également demandé au gouvernement chinois de libérer immédiatement et sans condition les avocats des droits de l'homme. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

R : Le HCDH a fait des accusations sans fondement contre les affaires intérieures de la Chine. C'est injuste et non professionnel. Le gouvernement chinois s'y oppose fermement et ne les accepte pas.

La Chine est un État de droit. Tous sont égaux devant la loi. Quiconque viole la loi sera puni. Nous espérons que le HCDH pourra voir de manière globale, juste et objective le développement de la cause des droits de l'homme en Chine et respecter la souveraineté judiciaire de la Chine.

Q : L'ex-Secrétaire Général de l'ONU Boutros Boutros-Ghali est décédé il y a peu de temps en Egypte. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : La Chine exprime ses profondes condoléances pour la disparition de l'ancien Secrétaire Général de l'ONU M. Ghali et présente sa sincère sympathie à sa famille, au gouvernement et au peuple égyptiens.

M. Ghali était un homme politique et diplomate de renommée mondiale. Durant son mandat au poste de Secrétaire Général de l'ONU, il a apporté, avec ses talents diplomatiques et son enthousiasme, une contribution indélébile au règlement de conflits des points chauds, à l'amélioration du bien-être de l'humanité et à l'accroissement de l'influence de l'ONU. Grand ami du peuple chinois, M. Ghali a œuvré au développement des relations sino-égyptiennes et au renforcement de la coopération Chine-ONU. En janvier 2016, il a été récompensé par l'Association du Peuple chinois pour l'Amitié avec l'Étranger pour sa contribution exceptionnelle à l'amitié sino-arabe. Le gouvernement et le peuple chinois garderont toujours un souvenir impérissable de la contribution apportée par M. Ghali à la cause des Nations Unies, au renforcement de la coopération Chine-ONU et à la promotion de l'amitié sino-égyptienne.

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