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Entretien par liaison vidéo entre Wang Yi et l'Asia Society des États-Unis
2020-12-18

Le soir du 18 décembre 2020, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi s'est entretenu, par liaison vidéo à Beijing, avec l'Asia Society des États-Unis.

M. Wang a déclaré que l'année 2020 qui allait s'achever avait vu l'épidémie de COVID-19 impacter le monde sur tous les plans. Tous les pays sont davantage conscients que la réponse aux défis mondiaux exige un renforcement de la coordination et de la coopération internationales, et que les grands pays doivent jouer un rôle exemplaire à cet égard. Néanmoins, compte tenu du fait que les États-Unis s'ingèrent dans une série de questions relevant des affaires intérieures de la Chine et portent atteinte aux intérêts chinois, les relations sino-américaines se sont détériorées en spirale jusqu'au point bas depuis l'établissement des relations diplomatiques il y a 41 ans. Cette situation n'est pas dans les intérêts des peuples chinois et américain, et n'aide pas non plus la communauté internationale à surmonter les difficultés.

M. Wang a déclaré que l'ordre international et les relations internationales devraient être affectés plus que jamais en 2020. La stabilité internationale est sous le choc de la politique du plus fort, le commerce international est frappé par le protectionnisme, la coopération internationale est victime de l'unilatéralisme, et les échanges internationaux normaux sont perturbés par le « maccarthysme ». Face aux risques et défis sans précédent, ce que la Chine et les États-Unis doivent faire, c'est d'établir des connaissances correctes réciproques, de s'adapter au courant du développement de l'époque, de prêter une oreille attentive à l'appel de la communauté internationale, d'assumer les responsabilités qui incombent aux grands pays, et de travailler ensemble avec les autres pays pour surmonter les difficultés, répondre aux défis et rechercher un développement commun.

M. Wang a souligné que la Chine poursuit depuis toujours une politique étrangère d'indépendance et de paix, et entend mener une coopération amicale avec les autres pays à la lumière des Cinq principes de la Coexistence pacifique et jouer un rôle constructif dans la promotion de la cause de paix et de développement du monde entier. La Chine n'a pas l'intention de se disputer l'hégémonie avec les autres pays, ne s'immisce jamais dans les affaires intérieures d'autrui, n'exportera pas son système et son modèle, et ne cherchera pas à se créer une sphère d'influence. La diplomatie chinoise s'engage à servir le développement, à réaliser le gagnant-gagnant et à préserver l'équité.

M. Wang a indiqué que la Chine espère, depuis tout le temps, œuvrer avec les États-Unis à s'orienter vers le non-conflit, la non-confrontation, le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant, et à établir une relation sino-américaine basée sur la coordination, la coopération et la stabilité, tout en déployant des efforts sincères en la matière. Malheureusement, certains hauts fonctionnaires de l'administration américaine lancent fréquemment des accusations et des « présomptions de culpabilité » irresponsables contre la Chine et ont un défoulement émotionnel envers la Chine. L'origine de cette situation réside dans le fait que certains politiciens américains ont commis une série d'erreurs d'évaluation stratégique dans les questions liées à la Chine. Premièrement, ils méprisent les vastes intérêts communs et les énormes potentialités de coopération entre la Chine et les États-Unis. Ils prennent arbitrairement la Chine comme une menace majeure sur le plan stratégique, et unissent presque toutes leurs ressources pour réprimer la Chine en commettant une erreur directionnelle. La Chine n'a été, n'est pas et ne sera jamais de menace des États-Unis. Deuxièmement, ils attaquent et déshonorent le Parti communiste chinois (PCC) par des préjugés idéologiques. Le PCC, force dirigeante de la Chine entérinée par la Constitution chinoise, noue des liens étroits et partage le même sort avec le peuple chinois. L'attaque contre le PCC revient à celle contre 1,4 milliard de Chinois et est vouée à l'échec. Troisièmement, ils tentent de faire céder la Chine par une pression extrême. Historiquement, l'époque où la Chine a été victime de l'oppression de grandes puissances est déjà passée et ne reviendra plus. La logique américaine du plus fort ne suscite qu'une riposte plus forte du peuple chinois. Quatrièmement, ils cherchent à concocter une alliance antichinoise à l'échelle mondiale, mais une grande majorité des pays ne veulent pas être forcés de choisir le camp et de monter sur le char antichinois. Comme les faits l'ont prouvé et continueront de le prouver, cette pratique n'est ni populaire ni durable. Il est à espérer que la politique américaine à l'égard de la Chine reviendra à l'objectivité et à la raison dès que possible.

M. Wang a souligné que la politique chinoise à l'égard des États-Unis demeurait stable et constante. Les intérêts chinois et américains sont profondément imbriqués, et les deux pays ne peuvent pas être séparés l'un de l'autre. Aucun d'entre eux n'est capable de transformer l'autre pays. Aucun d'entre eux n'a besoin de remplacer l'autre pays. Les relations sino-américaines ne sont pas un jeu à somme nulle interprété par une logique binaire. Le succès d'une partie n'est pas forcément au détriment de l'autre. La coopération sino-américaine permettra de faire de nombreuses grandes choses en faveur des deux pays et du reste du monde, alors que la confrontation entre la Chine et les États-Unis sera certainement un désastre pour eux-mêmes et le monde entier.

M. Wang a dit qu'il était le moment crucial de tracer la voie à suivre pour les relations sino-américaines dans la prochaine étape. Nous espérons que la partie américaine ira dans le même sens que la Chine, prendra le respect mutuel comme condition préalable, le renforcement du dialogue et des consultations comme moyens, l'approfondissement de la convergence des intérêts comme force motrice, et la consolidation de l'adhésion populaire comme soutien, afin de reconstruire un cadre stratégique pour le développement sain et stable des relations sino-américaines. Les deux parties devraient s'efforcer de rouvrir le dialogue pour les relations sino-américaines dans la prochaine étape, de remettre les relations bilatérales sur les rails, de reconstruire une confiance mutuelle, et d'élargir la coopération et de gérer les désaccords à travers le dialogue. Actuellement, les deux parties peuvent développer une coopération dans la lutte contre la COVID-19, la reprise économique, le changement climatique ainsi que d'autres domaines encore plus larges.

M. Wang a indiqué que la Chine n'avait jamais contourné les divergences entre la Chine et les États-Unis, et préconisait la gestion constructive des questions significatives et importantes dans les relations bilatérales sur la base d'un traitement correct réciproque.

Premièrement, sur les questions idéologiques, il faut respecter le système et la voie de développement choisis par l'autre partie. La Chine et les États-Unis n'envisagent pas de faire de l'autre partie une copie d'eux-mêmes dans leurs relations bilatérales, et non plus de battre l'autre partie. Les systèmes des deux parties ont été choisis par leur peuple et s'enracinent profondément dans les traditions historiques et l'ADN culturel de chacune des deux parties. La tentative de centrer la politique à l'égard de la Chine sur la transformation voire le renversement de la Chine sera « une mission impossible » et ne mènera nulle part. La pratique correcte est de respecter le système politique et la voie de développement de l'autre partie, de poursuivre la coexistence pacifique et de parvenir à une coopération gagnant-gagnant.

Deuxièmement, sur les questions touchant à la souveraineté et à l'intégrité territoriale, il faut s'en tenir à la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui, une norme fondamentale internationale. Les questions liées à Taiwan, à Hong Kong, au Tibet et au Xinjiang relèvent toutes des affaires intérieures de la Chine et touchent aux intérêts vitaux de la partie chinoise. Aucune force extérieure ne doit s'y immiscer arbitrairement. Le département administratif et le Congrès des États-Unis exercent la juridiction au bras long à l'encontre d'entreprises et d'individus chinois sur la base de fausses informations fabriquées par des politiciens antichinois, ce qui viole gravement le droit international et ne se conforme pas à la justice ni à la conscience internationales. Il est naturel pour la Chine, en tant que pays souverain et indépendant, de faire une réponse nécessaire. Nous n'acceptons pas que le monde revienne à la « loi de la jungle » où l'on ne distingue pas le vrai du faux.

Troisièmement, sur les questions dans les domaines économique et commercial, il faut s'en tenir au dialogue et aux consultations au lieu de recourir à la confrontation et aux sanctions. L'essence des relations économiques et commerciales entre la Chine et les États-Unis est le bénéfice réciproque et le gagnant-gagnant. Il n'y aura pas de vainqueur dans la guerre commerciale. Comme les faits l'ont prouvé, faire pression par la « surtaxation » n'est qu'un boomerang. Les deux parties devraient aplanir les obstacles artificiels en vue d'un développement sain des relations économiques et commerciales entre la Chine et les États-Unis et créer une perspective positive en la matière. La Chine promeut de façon résolue et ordonnée la réforme structurelle du côté de l'offre selon son propre processus de réforme et travaille à créer un nouveau système de l'économie ouverte. La partie américaine devrait cesser d'abuser du concept de la sécurité nationale, et de réprimer de manière injustifiée les entreprises chinoises, en vue de fournir un environnement ouvert, juste et non discriminatoire aux entreprises chinoises dans leurs activités et investissements.

Quatrièmement, sur les questions maritimes, il faut déployer des efforts pour transformer la friction en coopération. Il n'existe jamais de problème en ce qui concerne la liberté de navigation et de survol en Mer de Chine méridionale. La Chine est prête à travailler avec les pays de la région pour continuer de protéger fermement la liberté de navigation et de survol dont les pays divers jouissent selon le droit international, accélérer les consultations avec les pays de l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) pour réglementer les conduites de différentes parties et adhérer au Code de conduite en Mer de Chine méridionale pour la solution pacifique des disputes. La Chine et les États-Unis partagent des intérêts communs dans la défense de la liberté de navigation, la protection de l'environnement marin et l'exploitation des ressources marines. Il convient à eux de discuter de la coopération pour former une bonne interaction.

Cinquièmement, sur les échanges humains et culturels, il faut lever rapidement les restrictions. La Chine ne cherche pas à mener une guerre diplomatique et médiatique ou n'importe quelle guerre avec la partie américaine. Les personnalités clairvoyantes des deux pays devraient résister ensemble aux tentatives visant à saboter les échanges humains et culturels ainsi qu'au « découplage » sur le plan humain et culturel, s'opposer conjointement aux pratiques consistant à stigmatiser les échanges humains et culturels et à politiser les échanges normaux, et éliminer les pierres d'achoppement des échanges du personnel entre les deux pays.

M. Wang a également répondu à une série de questions posées par des représentants étrangers participant à l'événement, et a présenté la position de principe de la Chine sur la coopération économique et commerciale, la concurrence scientifique et technologique entre la Chine et les États-Unis, Taiwan, la « diplomatie des loups guerriers » et d'autres questions.

Parmi plus de 100 personnes participant aux échanges en ligne figuraient des représentants du milieu de la stratégie américaine et des membres de l'Asia Society, y compris le Président élu de l'Asia Society et ancien Premier Ministre australien Kevin Rudd, l'actuelle Présidente de l'Asia Society Josette Sheeran, le Co-Président global du Conseil d'administration de l'Asia Society John L. Thornton, la Co-Présidente globale du Conseil d'administration de l'Asia Society et ancienne Ambassadrice de Singapour aux États-Unis Chan Heng Chee, l'ancien Premier Ministre pakistanais Shaukat Aziz, l'ancien Secrétaire d'État adjoint américain John Negroponte, l'ancien Secrétaire d'État adjoint américain Robert Hormats, l'ancien Secrétaire d'État assistant américain aux affaires de l'Asie de l'Est et du Pacifique Daniel Russel, l'ancienne Représentante adjointe au Commerce par intérim des États-Unis Wendy Cutler, l'ancienne Secrétaire d'État assistante par intérim américaine Susan Ashton Thornton, et le professeur de l'Université Harvard Graham Allison.

Les représentants étrangers présents à l'entretien ont déclaré que les relations entre les États-Unis et la Chine avaient su surmonter de nombreuses épreuves au cours des 40 dernières années et avaient obtenu de nombreux résultats, et qu'elles se trouvaient actuellement dans la période la plus difficile depuis un demi-siècle. Les pays du monde s'opposent généralement au protectionnisme et résistent à la résurgence du « maccarthysme », espérant voir une relation américano-chinoise plus stable et plus prévisible. Toutes les parties apprécient le rôle positif de la Chine dans la réponse aux défis mondiaux tels que le changement climatique et ses suggestions constructives pour remettre les relations entre les États-Unis et la Chine sur les rails, espérant que les États-Unis et la Chine assumeront leurs responsabilités en tant que grands pays et mèneront la coopération dans divers domaines tels que la lutte contre l'épidémie et le changement climatique, engageront un dialogue franc et pratique dans les domaines où il y a des différences, et géreront les différences de manière constructive.

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